L’ickabog, par J.K. Rowling

Après la publication de la saga Harry Potter et le succès qu’on lui connaît, J.K. Rowling, devenue autrice au succès planétaire, s’était promis de ne plus publier de livres pour enfant. C’était sans compter sur le coronavirus et les vagues de confinement successives.

J.K. Rowling a ressorti des cartons le manuscrit d’une histoire jusque-là réservée à ses seuls enfants. Un peu de réécriture et de mise au propre et voici que naît, ou que renaît l’Ickabog.

L’Ickabog est publié aux éditions Gallimard Jeunesse. Paru juste avant les fêtes de fin d’année, il vise un lectorat jeunesse à partir de neuf ans. Seulement voilà, J.K. Rowling a déjà marqué plusieurs générations de lecteur avec sa saga Harry Potter, dont la mienne, première imprégnée par les histoires du jeune sorcier dont nous avions le même âge. 13 ans après la publication de Harry Potter et les reliques de la mort, dernier volume de la saga, est-ce que les jeunes lecteurs d’alors, devenus adultes trouveront leur compte avec ce nouveau roman ?

Le quatrième de couv’

Haut comme deux chevaux. Des boules de feu étincelantes à la place des yeux. De longues griffes acérées telles des lames. L’Ickabog arrive…

La Cornucopia était un petit royaume heureux. On n’y manquait de rien, le roi portait la plus élégante des moustaches, et le pays était célèbre pour ses mets délicieux: Délice-des-Ducs ou Nacelles-de-Fées, nul ne pouvait goûter ses gâteaux divins sans pleurer de joie!
Mais dans tout le royaume, un monstre rôde: selon la légende, l’Ickabog habitait les Marécages brumeux et froids du nord du pays. On disait de cette créature qu’elle avait de formidables pouvoirs et sortait la nuit pour dévorer les moutons comme les enfants. Des histoires pour les petits et les naïfs? Parfois, les mythes prennent vie de façon étonnante…
Alors, si vous êtes courageux et voulez connaître la vérité, ouvrez ce livre, suivez deux jeunes héros déterminés et perspicaces dans une folle aventure qui changera pour toujours le sort de la Cornucopia.

L’auscultation

Il était une fois la Cornucopia

La forme narrative est ici celle du conte. On ne peut s’y tromper avec cette phrase d’incipit : « Il était une fois un tout petit pays, qui avait pour nom la Cornucopia, sur lequel régnait depuis des siècles une longue lignée de rois aux cheveux blonds. »

La mélodie de l’écriture est bien celle du conte aussi. Personnages et lieux sont brossés à grands traits pour planter le décor et caractériser les protagonistes du récit.

A ce moment de ma lecture, c’est-à-dire les trois premières pages, je me suis demandée si tout de même je n’avais pas passé l’âge pour ce genre de lecture.

Mais une fois acceptée la forme narrative du conte, j’ai poursuivie ma lecture, portée par la plume de l’auteure.

J.K Rowling nous invite donc en Cornucopia, un petit royaume prospère, où l’on mange bien, où l’on aime son roi et où on raconte l’histoire de l’Ickabog pour effrayer les enfants. Bien sûr c’est un mythe, une légende urbaine, personne ne croit à l’existence de ce monstre. Le malheur de la Cornucopia est d’avoir à sa tête un roi vaniteux, incompétent, bête et mal entouré. Et l’on retrouve là tout le talent de J.K Rowling pour créer une galerie de personnages et leur affubler des noms extravagants. Pas de héros ici, mais plutôt des groupes de personnages. Les méchants d’un côté, menés par lord Crachinay, des victimes, et quelques courageux pour s’opposer aux méchants de l’autre.

Un récit sombre

Le premier évènement perturbateur arrive très tôt dans le récit. A partir de ce moment, la Cornucopia et les personnages principaux vont connaître une descente aux enfers. Pour couvrir la mauvaise action de son ami et prendre l’ascendant sur le roi, Lord Crachinay va donner corps au mythe de l’Ickabog. Il l’accuse, sans preuve bien sûr, de tous les maux, dissimule la vérité, élimine ses opposants, crée des milices, écrase la population par un impôt inutile et manipule les foules par la terreur.

Comme dans Harry Potter, J.K. Rowling n’hésite pas à faire mourir des personnages quand le récit l’exige et à malmener ses personnages.

Lord Crachinay illustré par Anna Vidal, 11 ans

L’ickabog existe-t-il?

Le postulat de départ est que cette créature n’existe pas. Personne n’y croit. Jusqu’au moment où Lord Crachinay va apporter de maigres preuves invérifiables de son existence. Et ça marche. Accumulant les mensonges et les coups bas, il va imposer sa version du récit à l’ensemble du royaume. Et chez nous lecteur, arrive cette question. Mais en vrai, il existe ou il existe pas, l’Ickabog ?

Pour connaitre le fin mot sur l’existence de l’Ickabog, il va falloir lire le roman, car je ne dévoilerai rien ici 😉

Mon avis en quelques lignes

Au premier abord, quand j’ai vu que le récit était rédigé sous forme de conte, j’ai compris que je n’étais pas le public visé et je me suis demandée si j’allais poursuivre la lecture. Puis, une fois accepté ce genre narratif et m’être accoutumée à la musicalité du récit, j’ai poursuivi.

On reconnait bien la plume de J.K. Rowling, sa capacité à développer un univers, à créer et étoffer des personnages, à malmener les « gentils » et à raconter des super-méchants.

Les chapitres de ce one shot sont courts, bien rythmés, ce qui en fait effectivement une lecture aisée pour des enfants, et agréable pour les adultes.

Le récit est sombre, de plus en plus sombre au fur et à mesure de l’histoire qui se déroule sur plusieurs années. On assiste impuissant à l’installation d’un régime totalitaire. Lord Crachinay opprime le peuple de la Cornucopia sous couvert de vouloir les protéger d’une menace qu’il a lui-même créée. Le propos est grave mais J.K. Rowling n’oublie pas qu’elle écrit pour un public jeune pour terminer son récit. Je n’ai pas ressenti le même plaisir de lecture qu’avec la saga Harry Potter. L’Ickabog a été pour moi une lecture de transition, une lecture détente même si elle m’a un peu stressée par moments (j’attendais le moment où les personnages allaient pouvoir redresser la situation et j’ai fini par douter qu’ils puissent y arriver).

Le jeune public y adhérera certainement plus et y trouvera des pistes de réflexion quant aux informations fausses et à leur impact.

Est-ce que ce livre vous tente?

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