Martin Eden, résumé chapitre par chapitre

Sur cette page, vous pourrez accéder au résumé chapitre par chapitre du roman Martin Eden de Jack London. C’est un travail qu’il a fallu faire pour procéder à l’adaptation du roman en pièce de théâtre avec le collectif Les Flâneurs, à Lorient.

Bonne lecture, et que l’imagination reste avec vous!

Si je pouvais jaspiner comme vous, ça serait épatant …


Chapitre 1 (lu le 11/07/2020)

Incipit:  » Le type mit une clef dans la serrure et entra, suivi d’un jeune gars qui ôta sa casquette d’un geste gauche. »

Le jeune gars pas trop à l’aise, c’est Martin Eden. Le type qui met une clef dans la serrure, c’est Arthur. Ils se sont rencontrés lors d’une rixe où Martin Eden a pris la défense d’Arthur. Pour le remercier, celui ci l’invite à diner chez ses parents. Donc Arthur met une clef dans la serrure et Martin découvre un monde complétement nouveau pour lui. Sa démarche est maladroite, il tangue comme sur le pont d’un bateau et ne sait que faire de son corps à la musculature encombrante dans ce salon bourgeois. Pour mal à l’aise qu’il soit, il est séduit par l’art exposé, les peintures, les livres. Puis Ruth entre dans la pièce et c’est le crush. Le gros crush. Du côté de Martin, l’idéalisation est immédiate, « une beauté aussi sublime n’est pas de ce monde ». Toutes les autres femmes, et il semble que Martin Eden en ait croisé de toutes sortes au cours de ses voyages en mer, se retrouvent reléguées très loin à l’arrière plan. Le fantasme s’emballe et Martin la place sur un très haut piédestal. Dans son esprit, une telle jeune femme, de ce milieu social, lui est forcément supérieure intellectuellement. Elle est lettrée, cultivée et suit des cours à l’université. Et alors qu’ils parlent poésie ensemble il affirme: « La vérité, c’est que je connais pas grand chose à tout ça. C’est pas de mon milieu. Mais je vais faire en sorte que ça le devienne. »

Il se passe également quelque chose du côté de Ruth. La jeune femme se sent chatouillée, émoustillée par le cou musculeux du jeune gars. Il n’est pas de son milieu, il est très loin de son idéal masculin, et pourtant… Pourtant, quelque chose se passe. Un désir nait.

A cet instant, madame Morse entre dans la pièce et les invite à passer à table.

Chapitre 2 (lu le 12/07/2020)

Première épreuve pour Martin Eden: le diner. A ce diner sont présents, la mère et les deux frères de Ruth (Arthur et Norman), Ruth elle même et quelques autres invités. monsieur Morse, le père de Ruth, est absent, au grand soulagement de Martin Eden qui se sent déjà très en difficulté. La table est abondamment recouverte d’ustensiles de toutes sortes, il faut suivre la discussion, être vigilant aux autres convives, ne pas faire de faux pas dans l’utilisation des couverts, la domestique peut à tout moment surgir derrière votre épaule pour vous présenter un plat et d’un instant à l’autre peut survenir la terrible épreuve des rince-doigts. Martin est en plein conflit intérieur. Comment doit-il se comporter? Jouer un rôle, se faire discret, adapter son langage et sa gestuelle au risque de se couvrir de ridicule? Etre lui même? Son esprit créatif et sa nature dominatrice ne peuvent se satisfaire de dissimuler sa nature. Il sera donc lui même.

Autour de lui, l’attente est forte. Arthur a présenté Martin comme un « sauvage ». Et pour le moment, le sauvage est plutôt calme, très calme malgré les efforts d’Arthur pour attirer Martin sous les feux de la rampe.

Arrive alors l’évènement déclencheur: la domestique pour la nième fois arrive derrière lui par surprise pour lui proposer un autre plat. Martin refuse et comme elle insiste, il rétorque vigoureusement. Tous les regards se portent sur lui. Suite à cette brève altercation, il racontera avec son langage de marin les circonstances de sa rencontre avec Arthur (une bagarre dans laquelle il a cassé avec joie quelques dents à ses adversaires) puis sa dernière sortie en mer sur une goélette contrebandière.

Sa narration évocatrice transporte et fascine les invités. Ruth oscille entre l’attraction et la répulsion pour cet homme qui utilise des mots grossiers qui la heurtent. Madame Morse n’échappe pas à la fascination provoquée par le récit de Martin mais cette fascination est mêlée d’horreur. Cet homme est dangereux.

La scène se poursuit par un interlude musical. Ruth s’installe au piano et joue en quelques sorte contre Martin, pour lui résister, pour lui montrer quel gouffre les sépare. Martin se montre particulièrement sensible à la musique qui le transporte en imagination dans des contrées lointaines. Son visage transfiguré attendri Ruth

La soirée s’achève. Transporté, ravi, ivre de l’expérience vécu, Martin Eden prend congé. Ruth lui prête quelques ouvrages de poésie, ils se serrent la main.

Martin est parti. Arthur demande à sa sœur « Eh bien,comment le trouves-tu? »

Ruth: « Très intéressant. Une vraie bouffée d’ozone. Quel âge a-t-il?

Arthur: « Vingt ans, presque vingt et un. Je le lui ai demandé cet après-midi. Je ne le croyais pas si jeune. »

Et j’ai trois ans de plus que lui, songea Ruth.

Chapitre 3 (lu le 15/07/2020)

Martin quitte le domicile des Morse. Il se roule une clope et arrache son faux col. Puis tel un Gene Kelly dans Singing in the rain, il se balade sous la pluie, un sourire extatique sur le visage. Il est en pleine idéalisation de l’objet de son amour qu’il élève au rang de déesse immortelle. Ivre d’allégresse amoureuse, il est ramené à des contingences plus terrestres par un policier qui lui demande où il s’est pinté comme ça.

Puis il grimpe dans un bus pour rentrer chez lui. Dans ce bus, des garçons de l’université. Martin, en bon amoureux qui se respecte, se compare à eux. Il se trouve un physique bien plus avantageux. Intellectuellement… Et bien, ce qu’ils ont appris, il peut l’apprendre aussi. Il est déjà fort d’une expérience de la vie supérieure à la leur. Et Jack London écrit : “Plus tard, il leur faudrait commencer à vivre pour de bon et à en baver comme il en avait bavé. Pendant qu’ils s’escrimaient à vivre, il pourrait, lui, étudier l’autre versant de la vie dans les livres.” Il a juste fait les choses dans l’autre sens. Il a vécu avant d’apprendre. Son égo rassuré, Martin Eden descend du bus devant un bâtiment dont la façade indique : MAGASIN HIGGINBOTHAM – VENTE AU COMPTANT. L’épicerie appartient à son beau-frère, l’époux de sa sœur Gertrude. Les Higginbotham habitent au premier étage avec leurs nombreux enfants. Le couloir est sombre (économie d’électricité oblige) et Martin manque de se casser la figure en mettant le pied sur le chariot roulant d’un de ses neveux. Puis il entre dans une pièce et se retrouve en présence de sa sœur et de son beau-frère dont il se demande ce que sa sœur a bien pu lui trouver. Et c’est vrai que le dialogue qui suit entre les trois personnages puis entre les deux membres du couple peut se faire poser la question. L’homme est pingre, mesquin, sournois, sanguin, hypocrite. Martin ne peut pas le piffer et visiblement, c’est réciproque.  Incapables de reconnaitre l’exaltation d’un homme amoureux, les Higginbotham en sont sûrs : Martin a bu ! A la fin d’un dialogue pas piqué des hannetons entre les deux membres du couples, Gertrude se retrouve affublé d’une nouvelle tâche. En plus de la lessive, de la surveillance des enfants, du raccommodage et de la tenue de la maison, elle devra tenir le comptoir de l’épicerie. « Si tu te lève tôt, t’auras le temps de la faire (la lessive). Je me mettrai pas en route avant 10h ».

Chapitre 4 (lu le 18/07/2020)

Très énervé par son contact avec son beau-frère, Martin regagne sa chambre, un réduit minuscule à l’arrière de l’immeuble qui contient pour seuls meubles, un lit, une chaise et un lavabo. Et bien sur, en enlevant ses chaussures, il pense à Ruth. Le son du prénom lui ravit l’oreille.

Ruth a fait l’objet d’un grand débat au sein des flâneurs. Comment faut-il prononcer ce prénom? Rute? Route? Russ? Rouss? La question reste entière.

Dans ce court chapitre, Jack London nous offre une description de son personnage par un biais assez classique. Martin Eden se contemple dans un miroir. Front bombé et carré, chevelure châtain et ondulée, yeux gris acier, peau du visage hâlée, presque noircie par l’exposition au soleil, lèvres sensuelles et lippues,  » les lèvres d’un bagarreur et d’un amoureux, des dents blanches, solides et régulières(un quasi miracle car il n’a jamais tenu une brosse à dents de sa vie. Il examine ensuite ses mains calleuses, crasseuses, abimées par le dur travail. Comme celles de ses deux sœurs.

Martin a quelques secondes de doute. Mais quand même, elle lui a dit de revenir. Il prend donc une résolution.

« Martin Eden, tu iras à la bibliothèque publique demain à la première heure et tu apprendras les bonnes manières, compris? Mais il faut que tu arrêtes de jurer, bonhomme, c’est indispensable. »

Chapitre 5 (lu le 10 aout 2020)

Martin est fortement marqué par sa découverte du milieu bourgeois. C’est l’occasion pour lui, du haut de ses 20 ans de faire un point sur sa vie. Son cadre de vie souffre de la comparaison avec celui des Morse. Il vit dans une petite chambre de bonne encombrée du peu de meubles qu’il possède. Une petite chambre dans une petite maison où vivent entassés le couple Higginbotham, leurs nombreux enfants et un autre pensionnaire Jim.

Le matin, la tête encore embrumée de rêves romantiques, il partage le petit déjeuner avec Jim qui se charge de le rappeler à la réalité de sa condition. Tout et tous semblent le tirer vers le bas et l’éloigner de Ruth. Et pourtant, comme il aimerait échanger l’alcool, les bagarres dans les bouges, la rudesse du travail ouvrier contre l’affection de cette femme qu’il estime admirable.

Dans la deuxième partie de ce chapitre, après avoir surmonté le coup de blues du retour au monde durement réel qui est le sien, Martin Eden se rend pour la première fois à la bibliothèque universitaire d’Oakland. Là aussi le choc est rude. L’accablement le saisit à la vue de ses innombrables ouvrages. L’accablement mais aussi une sorte d’ivresse face à tout ce savoir, cette culture et cet art. Même si il faut bien l’admettre, la trigonométrie restera à jamais une langue incompréhensible pour Martin Eden.

Chapitre 6 (lu le 12/08/2020)

Amoureux éperdu, l’imagination enflammée, Martin Eden stalke. Et comme tout bon amoureux qui se respecte, il tient à se montrer sous son meilleur jour et opère des changements. Il ressent le besoin impérieux d’être propre et fort des conseils d’un ouvrage consacré à l’hygiène, il prend l’habitude de prendre des bains sous les regards stupéfaits et consternés de son entourage qui trouve cette conduite d’une intolérable extravagance. La scène est résumée en 5 lignes dans le roman et ferait à mon avis une scène de théâtre absolument savoureuse.

Martin Eden arrête de boire. Il n’en ressent plus le besoin étant sous l’emprise d’une drogue bien plus puissante: la passion amoureuse.

Un soir il se rend au théâtre. Ruth y est également, mais elle ne le verra pas. Martin Eden en revanche l’épie pendant toute la durée de la pièce. Et tel l’arroseur arrosé, il est épié à son tour par deux jeunes ouvrières qui l’abordent à la fin de la représentation. Martin Eden cédera-t-il à la facilité ou restera-t-il fidèle à son tout nouveau idéal amoureux?

Chapitre 7 (lu le 30/08/2020)

Une semaine déjà s’est écoulée depuis la soirée chez les Morse. Martin Eden fréquente assidument les bibliothèques et lit jusqu’à pas d’heures des ouvrages compliqués dont il ne comprend pas le traitre mot. Il trouve son réconfort dans la poésie.

Dans un élan de témérité, il demande conseil au documentaliste: « Quand vous rencontrez une jeune demoiselle et qu’elle vous demande de revenir, combien de temps après peut-on repasser chez elle? »

Martin suit les conseils du documentaliste et décroche son deuxième rendez vous avec Ruth. Ruth éprouve de tendres sentiments pour le jeune homme. Elle ignore qu’il s’agit là d’un amour naissant. Martin Eden, lui, est bien conscient d’aimer et de désirer la jeune femme.

C’est dans ce chapitre 7 qu’a lieu la célèbre leçon de grammaire.

L’orthographe et la conjugaison, au théâtre, cela peut donner ceci:

Et en version plus échevelé et In (presque) english dans le texte:

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