Au service surnaturel de sa Majesté

de Daniel O’Malley

Un emménagement, une fois que les cartons sont vidés, les bibliothèques remontées et chargées à nouveau de livres, peut susciter des envies de lectures surprenantes. En effet, c’est en parcourant les rayons de la bibliothèque de notre nouveau chez nous que j’ai trouvé The Rook, au service surnaturel de sa majesté de Daniel O’Malley. Quatrième de couverture alléchant et bonnes critiques sur Babelio ont provoqué une irrépressible envie de découvrir ce roman.

Son premier et légitime propriétaire avait commencé de le lire mais s’était arrêté après le premier chapitre dont il avait pourtant gardé un excellent souvenir.

Pour ma part, je venais de finir Dune et j’avais besoin d’une lecture facile et distrayante. Sur le papier, le contrat est rempli comme en témoigne le quatrième de couverture.

Le 4ème de couv’

Lorsqu’elle reprend conscience dans un parc de Londres, entourée de cadavres d’hommes en costume portant des gants en latex, Myfanwy Thomas ne se souvient de rien. D’après la lettre qu’elle a trouvée dans sa poche, elle savait qu’elle allait perdre la mémoire et s’est laissé tous les indices nécessaires pour découvrir qui veut l’éliminer.
Elle rejoint ainsi la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais, la jeune femme, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, devra se frayer un chemin dans un univers semé d’embûches et lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables…

« Ajoutez à ce mystère initial une bonne dose d’humour, de fantastique et de psychologie surhumaine et vous obtiendrez un livre génial, déjanté et ô combien intelligent ! » LiRE

« Outrageusement génial ! » Time

L’auscultation

The rook fait partie des livres bénéficiant de plusieurs vies. Il est le premier roman de son auteur Daniel 0’Malley, auteur australien et diplômé d’histoire médiévale de l’université de l’Ohio mais surtout possesseur d’une imagination tout à fait débridée. Le roman a fait l’objet d’une première publication en France en 2014 grâce à super 8 éditions, maison d’édition aujourd’hui disparue. Il est repris ensuite par Pocket sous le titre Au service surnaturel de sa majesté. Quelques années plus tard arrive sa suite, Agent double, toujours chez pocket et il est actuellement question d’un tome 3 attendu en VO pour 2021

Sur son site, l’auteur avoue que le livre est né de l’ennui profond qu’il ressentait en assistant à ses cours. Il s’ennuyait si fort qu’il en est arrivé à la dangereuse et créative question du « Et si… ». Et si quelqu’un se trouvait brutalement projeté dans mon corps ?

On est bien d’accord, c’’est une question très bizarre. Même pour un « Et si… ». De cette bizarrerie ne pouvait naître qu’un récit déjanté qui connut une première péripétie quand il disparut dans les entrailles de l’informatique au grand dam de son auteur. 247 pages de travail escamotées ! Drame affreux, horrible que je ne souhaite à personne. Choqué, nauséeux de cette perte, l’auteur mit 24 heures à se remettre et à passer à l’action. Par miracle, il en retrouva une copie de secours sur un tout vieux disque dur et put continuer son ouvrage.

Le roman est très bien accueilli à sa sortie et le Times écrira : « The Rook est juste outrageusement génial ! L’auteur nous invente un monde clandestin à la richesse étonnante et nous donne une héroïne sympathique et drôle pour nous y aventurer. Que demander de plus à un roman ? The Rook va littéralement vous captiver. »

Il reçoit en 2012 le Aurealis Award dans la catégorie Science fiction. Mais the Rook n’est pas de la science-fiction à proprement parler. Il est difficilement classable. Fantasy urbaine ? Paranormal ? Roman d’espionnage surnaturel ?

Toujours est-il que l’auteur ne manque ni d’idée ni d’enthousiasme si on s’en réfère à son site internet http://www.rookfiles.com pourtant abandonné depuis 2015.

Enfin le roman connait une nouvelle vie en 2019 par son adaptation en série télévisée produite par Stéphanie Meyer. Diffusée sur Starz, la série n’a visiblement pas convaincue car elle a été annulée et ne connaitra pas de saison 2.

Mais revenons au livre.

Mon avis en quelques lignes

Je suis partagée.

Commençons par le positif :

L’histoire démarre fort. Une femme se réveille amnésique dans un parc entourée de cadavres. Dans sa poche, une lettre commençant par : « Chère toi, le corps que tu habites actuellement m’appartenait. »

Le personnage apprend donc s’appeler Myfanwy. Elle apprend occuper un poste relativement important au sein d’une organisation secrète appelée la Checquy. Mission : combattre les forces surnaturelles.

Et visiblement, on veut se débarrasser d’elle.

La nouvelle Myfanwy prend donc la place de la précédente aidée en cela par les lettres que lui a laissées la première Myfanwy.

De lettres en lettre et de rencontres farfelues en péripéties improbables, Myfanwy va devoir faire illusion, assumer son rôle de Tour au sein de la Checquy, contrer l’ennemi héréditaire de la Checquy, déjouer une conspiration et maitriser le pouvoir dont son corps est doté.

L’auteur a une imagination quasi sans limite et un style et un humour fort sympathique. On croisera entre autres, une maison pleine de moisi, un canard extralucide, un esprit dans 4 corps, des fous, des cavaliers, un vampire, et des pouvoirs aussi loufoques que dangereux.  

Le roman alterne lettres de Myfanwy 1 et récit des aventures de Myfanwy 2. Au début, ça fonctionne bien. Le récit est rythmé, les lettres expliquent le fonctionnement de l’organisation secrète et le background des personnages. Mais au bout d’un moment, ça m’a lassé. Et nous en arrivons donc aux points négatifs.

Passé le premier tiers du bouquin, les lettres encore nombreuses viennent ralentir le rythme du récit et sont parfois hors sujet quant aux intrigues secondaires et principales. Certaines péripéties semblent un peu gratuites ainsi que certains personnages secondaires qui apportent du background mais ne sont décisifs en rien et dont on pourrait aisément se passer. Parce que le livre fait tout de même 664 pages, et au bout d’un moment, on aimerait que les intrigues avancent et se clôturent.

De même, les personnages toujours bien présentés par Myfanwy 1, perdent en épaisseur et en crédibilité quand ils sont mis en situation avec Myfanwy 2. Les réactions de Myfanwy ne sont pas toujours crédibles non plus et tout parait presque trop facile. Je ne l’ai pas réellement senti en danger. C’est dommage parce que l’intrigue de la Myfanwy 1 est par contre bien traitée et m’a touchée davantage.

La prescription du docteur Fatale

Services secrets version steampunk, avec corset, ombrelle, tournure, vampires et loups garous : les cinq volumes de la série Le Protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger et son adaptation en version manga.

Services secrets royaux en mode cosy mystery avec la série Au service secret de Marie Antoinette de Frederic Lenormand dont j’ai déjà dit beaucoup de bien ici.

Bonnes lectures et que l’imagination soit avec vous!

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