Club de lecture – Parlons Livres en Bretagne

Parlons Livres en Bretagne anime une fois par mois, le mardi, un atelier de lecture au Café Galerie Dubail à Lorient. Après une mise en sommeil de 3 mois liée à la crise sanitaire due au coronavirus, le club se remettait en route en ce mois de juin 2020 permettant une rencontre de lecteurs passionnés.

18h – Rencontre de lecteurs au Café Galerie Dubail – Lorient

Je suis donc arrivée au café Galerie Dubail quelques minutes après l’heure annoncée de début de réunion. Il fallait arriver pour 18 heures et j’avais un peu de retard en sortie de travail. Le café Galerie est un endroit que je connais et que j’affectionne. Derrière une devanture noire, se trouve une salle claire et propre aux murs de briques blancs tapissés de l’exposition du moment consacrées aux œuvres d’Anna Matt. Une banquette vert pomme longe le mur et devant elle, alignées, plusieurs tables noires. J’ai été accueillie par Lionel, le patron. Amateur d’art, il a créé ce lieu chaleureux et convivial pour servir d’écrin aux peintures qu’il expose. Il est également éditeur et créateur de Liv’éditions connu dans la région pour le livre Street art Lorient et son pays de Dréan Gwenael. Il est également auteur de plusieurs romans et envisage de placer une boite à livres dans son restaurant. Avec cette appétence commune pour l’art et le livre, Parlons Livres en Bretagne et Lionel avaient tout pour se rencontrer.

Le Café Galerie Dubail croqué par Corinne

C’est dans la vaste et lumineuse arrière-boutique qu’a lieu la réunion et c’est Laure qui prend le relai. Une dizaine de personnes sont déjà là ainsi qu’un jeune chien d’aveugle et son bâton qu’il mordille affectueusement. Deux autres personnes nous rejoindront plus tard. Les tables sont réparties en carré au centre de la pièce et les chaises largement réparties autour. Certains lecteurs ont des livres posés devant eux, des gros, des petits, des poches, des grands formats. D’autres livres sont absents mais bien présents dans l’esprit de ceux qui les présenteront. Il n’y avait pas de thème de lecture annoncé. Chacun est venu avec ce qu’il voulait.

Parlons Livres en Bretagne: un club de lecture, un blog, une voix

Laure, l’instigatrice et organisatrice de l’évènement prend la parole en premier. Brièvement elle présente Parlons Livres en Bretagne qui fête bientôt ses deux ans. Parlons Livres en Bretagne a fait ses premiers pas à l’Alchimiste, un pittoresque bar lorientais qui a fermé en 2019. Après une période de transition à la Truie et sa portée, il trouve maintenant refuge au Café Galerie Dubail.

Parlons Livres en Bretagne est également un blog tenu par Laure. Elle y partage son expérience de lectrice et de jurée du prix livre de poche, ses participations à l’animation d’ateliers d’écriture avec l’association Les Yeux Fermés et plus récemment son activité d’animatrice radio.

Car en effet, une fois par semaine, Laure anime une émission liée aux livres sur Radio Goeland, une des deux radios locales du pays de Lorient. Manga, BD, polars, classiques, livres de genre, livres de jardinage, l’éventail est large et l’esprit curieux et bienveillant. Et la bonne nouvelle: l’émission est podcastable sur le site de Radio Goeland.

Après cette brève présentation, la réunion est officiellement lancée. La parole est distribuée par Laure, chacun est libre de s’exprimer ou de rester simple auditeur. Nous étions une douzaine de tous âges et d’horizons variées. Il y avait quelques habitués des réunions précédentes et aussi beaucoup de nouvelles têtes.

Les livres présentés

La première lectrice a présenté Kafka sur le rivage de Haruki Murakami et plusieurs ouvrages dont le chœur des femmes de Martin Winkler, auteur qu’elle affectionne particulièrement.

Ont ensuite été présentés deux ouvrages que je ne connaissais pas :

  • Tim de Colleen McCullough
  • Qui me jettera la première pierre de Christine

La Peste de Camus nous a ensuite occupé un petit moment. Cet ouvrage redécouvert ou découvert pendant la période de confinement paraissait presque incontournable. Ce roman paru en 1947 est le premier tome du cycle de la révolte composé par Camus. Il relate l’histoire d’un médecin confronté à une épidémie de peste à Oran en 1940. La ville est confinée et coupée du monde pendant presque un an. Le roman résonne avec l’expérience vécue pendant la période de confinement et d’après le lecteur qui l’a présenté permet de mettre de la distance face aux évènements que nous avons traversé dans notre société de l’immédiateté.

L’orateur suivant a présenté La mère est morte de Blandine de Caulne et A la ligne, le premier roman de Joseph Pontus. Ce dernier livre nous a permis d’échanger sur une figure locale, très remarquée pour ce roman atypique. Joseph Pontus relate dans cet ouvrage son expérience d’homme lettré qui se retrouve ouvrier intérimaire en usine pour des raisons alimentaires. Le style est déstructuré. Ici pas de phrase rythmée par des points et des virgules, juste des retours à la ligne. Comme à l’usine. Après réception d’un exemplaire du manuscrit, l’usine n’a pas renouvelé le contrat de Joseph Ponthus. Mais son roman a fait l’objet d’une belle promotion et a été récompensé par plusieurs prix, dont le prix RTL. Ce roman n’a pas été une découverte pour moi car l’auteur étant breton travaillant dans les usines bretonnes puis récompensé, on en avait beaucoup entendu parler lors de sa sortie. De l’avoir entre les mains m’a permis de confirmer ce que je savais déjà. Je ne peux pas lire ce genre de roman. De par sa forme comme par son fond. Trop déstructuré. Trop dur, trop âpre pour ma sensiblerie de lectrice.

Les romans suivants ont mis du baume au cœur. Nous avons rapidement parlé de Ensemble, c’est tout, d’Anna Gavalda merveilleuse histoire de réparation d’êtres humains que j’ai lu il y a bien longtemps et me laisse un souvenir ému puis des Misérables de Victor Hugo, grand souvenir de lecture également.

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Puis est venu mon tour de prendre la parole. J’ai présenté L’enquête du Barry, premier tome d’Au service secret de Marie Antoinette de Frederic Lenormand publié aux éditions de la Martinière. C’est un petit bonbon de 344 pages. Il présente bien avec sa couverture aux couleurs acidulées. Le roman fonctionne sur le principe du « Et si ». Et si Marie Antoinette avait été à la tête d’un réseau d’espionnage ; et si sa frivolité n’était qu’une couverture… Avec verve, Frederic Lenormand campe un duo d’enquêteurs amateurs improbable : Rose Bertin, couturière perfectionniste et pête-sec et Léonard Autier, coiffeur frivole et volage. Ca frictionne fort entre les deux détectives amateurs, les cadavres s’entassent, la reine attend des résultats. Le tout donne une œuvre intelligente et référencée, bourrée d’humour et aux personnages attachants que je retrouverais avec bonheur dans le tome 2 pour une nouvelle enquête sous le règne de Louis XVI.

Ma voisine de droite aimait les romans épistolaires. Elle a présenté Inconnu à cette adresse de Kressman Taylor (un classique du genre désormais), 84, rue Charing Cross de Hélène Hanff et Eux sur la photo de Helene Guestern (tous deux sur ma liste de lecture depuis de longues années).

La nouvelle vie de Paul Sneijder écrit par Jean-Paul Dubois nous a permis d’échanger sur les prix littéraires. Jean-Paul Dubois a en effet obtenu le prix Goncourt en 2019 pour son livre « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon ».

Laure a clôturé la séance avec quatre ouvrages :

  • Histoires de Jacques Prévert, un recueil de textes courts à picorer
  • L’heure des fous de Nicolas Lebel, lauréat du prix des lecteurs 2019, catégorie Polar. Une déception pour Laure qui décrit un polar très voire trop classique
  • Le fleuve de la liberté de Matha Conway, aussi en lice pour le prix des lecteurs du livre de poche. L’intrigue se déroule pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis. L’auteur y brosse le portrait d’une jeune femme insignifiante qui va se révéler pendant cette crise et parcourir le chemin du héros et sauver plusieurs vies.
  • N’éteins pas la lumière de Bernard Minier, un thriller bien glaçant comme l’auteur en a le secret.

Au cours de cette réunion de deux heures, ce ne sont pas moins de vingt livres qui ont été présentés dans une ambiance décontractée autour de boissons fraiches (gros succès du thé glacé maison). Les propositions étaient variées et le plaisir des lecteurs à partager leurs lectures était manifeste.

Laure m’a glissé en partant que certaines sessions pourraient s’accompagner de lectures d’extraits. Affaire à suivre…

La prochaine réunion aura lieu le 21 juillet 2020 à 18 heures au Café Galerie Dubail. Je réfléchis au livre que je présenterai à cette occasion.

Je vous remets ici les liens vers Parlons Livres en Bretagne pour ne rien rater de son actualité. Et au plaisir de vous entendre parler livres et lecture lors de la prochaine rencontre.

Le site de Parlons Livres en Bretagne: http://parlonslivresenbretagne.over-blog.com/

La page facebook: https://www.facebook.com/parlonslivresenbretagne/

Le café galerie Dubail: https://www.cafedubail.fr/

Bonnes lectures et que l’imagination soit avec vous!

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